Début novembre 2011, une dépression s'est installée sur l'ouest de la Méditerranée. Elle a engendré un courant durable de sud en direction des Alpes, qui a permis la mise en place d’une situation de barrage sur les versants sud des Alpes dès le 3 novembre.
Cette situation a perduré durant plusieurs jours et a engendré des précipitations relativement importantes dans la région du Simplon, dans le Saastal et le Mattertal jusque dans la nuit du 6 au 7 novembre. Quelques pluies ont encore touché ces régions jusqu’au 9 à la mi-journée.
Le débit du Rhône a été peu influencé par ces précipitations. Seuls les cours d’eau latéraux de la Vispa et de la Saltina ont vu leurs débits augmenter de manière significative, sans toutefois que les cotes d'alerte ne soient dépassées.
La Suisse est en proie depuis plusieurs mois à une sécheresse persistante qui n’est pas sans répercussions sur les débits des cours d’eau ainsi que sur les niveaux des lacs et des eaux souterraines. Plusieurs régions de Suisse enregistrent des niveaux d’eau inhabituellement bas pour la saison. C’est notamment le cas dans le Jura et sur le Plateau où les cours d’eau affichent des valeurs de débits significativement plus faibles qu’à l’ordinaire voire préoccupantes (cas de l’Aar). Un constat qui s’applique également aux lacs de Suisse romande (lac de Gruyère et lacs du pied du Jura : Neuchâtel, Bienne et Morat) ainsi qu’aux eaux souterraines (nappes phréatiques et sources).
Qu’en est-il de la situation en Valais ?
Le lecteur trouvera ci-après quelques éléments d’analyse permettant d’apprécier l’évolution de la situation hydro-météorologique enregistrée au cours des derniers mois. Basée sur les données des différents réseaux d’observations cantonaux, cette analyse qui n’a pas pour vocation d’être exhaustive ne vise qu’à remettre en perspective la situation constatée dans le Canton avec celle prévalant dans le reste de la Suisse.
La situation actuelle ne saurait être appréciée sans un minimum de recul raison pour laquelle seront considérées dans cette synthèse les observations effectuées sur la période 2009-2011.
Les précipitations (liquides et solides) constituent un facteur d’alimentation (direct ou indirect) prépondérant des eaux de surface (cours d’eau, lacs) et des eaux souterraines (nappe phréatique et sources).
Du fait de l’interdépendance entre ces différentes composantes du cycle de l’eau, l’excédent ou le déficit de précipitations aura donc une incidence directe à plus ou moins long terme sur la recharge des aquifères ainsi que sur les niveaux et/ou débits des lacs et des cours d’eau.
La carte fournie ci-dessous permet d’accéder à une sélection de 15 stations pluviométriques du réseau MétéoSuisse réparties en 3 groupes régionaux : Haut-Valais, Valais central, Bas-Valais.
Pour chacune des stations sont fournis sous forme graphique les différences (exprimées en mm et en %) entre les cumuls mensuels de précipitations observées sur la période 2009-2011 et les normes standard 1961-1990 calculées par MétéoSuisse.
Ecarts des précipitations mensuelles par rapport à la norme 1961-1990, entre 2009 et 2011
Parmi les faits marquants mis en évidence par cette comparaison interannuelle, on soulignera :
Le déficit chronique de précipitations enregistré depuis 2009 sur l'ensemble des postes pluviométriques
Un déficit pluviométrique globalement plus marqué sur la façade ouest du Canton (région s’étendant du Chablais au Gd St-Bernard) de 25% en moyenne sur les 12 derniers mois (avril 2010 – mars 2011) contre 15% dans les autres régions
La situation particulièrement atypique (hors norme) relevée dans la région de Montana avec déficit de précipitations de plus 50% sur les 12 derniers mois (avril 2010 – mars 2011) et s’élevant à près de 88% pour le premier trimestre d’observation 2011
Déficits de précipitation sur les 12 derniers mois (avril 2010 - mars 2011) par rapport à la norme 1961-1990
Station
Norme [mm]
Précipit. 12
mois [mm]
Déficit [mm]
Aigle
1032
701.1
330.9
Bex
1055
902.3
152.7
Bourg-St-Pierre
890
812.8
77.2
Brig
735
554.5
180.5
Grand-St-Bernard
2336
2084.4
251.6
Martigny
843
597.8
245.2
Montana
982
474.0
508.0
Morgins
1923
1344.4
578.6
Mottec
833
690.9
142.1
Sierre
657
515.6
141.3
Simplon-Dorf
1216
1263.9
-47.9
Sion
598
454.3
143.7
Ulrichen
1137
979.7
157.3
Visp
599
438.3
160.7
Zermatt
611
563.4
47.6
Les phénomènes météorologiques influent sur les ressources en eau. Pour l’analyse de la situation du point de vue hydrologique (cycle et ressources en eau), il est plus approprié de considérer l’année hydrologique (période allant du 1er octobre au 30 septembre) comme période de référence plutôt que l’année civile.
Ci-après est fournie, pour une sélection de 5 stations pluviométriques, la comparaison entre les cumuls de précipitations enregistrés au cours des 3 dernières années hydrologiques (2008-2009 à 2010-2011) et les quantités relatives aux années hydrologiques respectivement les plus sèches et les plus humides observées sur des périodes de mesure variant de 20 à 35 ans suivant les stations considérées.
Comparaison des années hydrologiques 2008-2009, 2009-2010 et 2010-2011 avec la norme 1961-1990 et les années les plus sèches et les plus humides
Cette comparaison fait ressortir les points suivants :
Région Haut-Valais (Brig, Visp) : une année hydrologique 2008-2009 dans la norme. Des années 2009-2010 et 2010-2011 comparables sur les 6 premiers mais inférieures à la norme.
Régions Valais central – Bas Valais (Sion, Martigny, Aigle) : des années 2008-2009 et 2009-2010 comparables et globalement inférieures à la norme. L’année 2010-2011 comparable, sur les 6 premiers, à l’année hydrologique la plus sèche voire légèrement inférieure pour le mois mars et par extrapolation pour les mois suivants.
Région de Montana : une situation particulièrement aigue avec un de déficit de précipitations qui n’a cessé de se creuser sur les 3 dernières années et une situation météorologique sur les 6 premiers mois de l’année qui laisse d’ores et déjà apparaître l’année 2010-2011 comme l’année hydrologique la plus sèche de ces vingt dernières années
Situation au premier trimestre 2011 :
Ci-dessous, tableau et carte donnant l’état du déficit de précipitations enregistré entre le 1er janvier et 31 mars 2011 sur la sélection des 15 stations précédemment évoquée.
Déficit : différence, en valeur absolue, entre le cumul de précipitations enregistré sur la période janvier-mars 2011 et la somme correspondant à la norme 1961-1990 pour la même période.
Jours de pluie : total de jours avec précipitations (>= 1mm) pour la période janvier à mars correspondant à la norme 1961-1990 (état 2010)
Pluie : surplus de pluie (en mm/jour) nécessaire pour théoriquement combler le déficit de précipitations du premier trimestre sur la période avril – juin 2011 [= déficit / jours de pluie].
Entre parenthèse : même calcul mais en répartissant la pluie de façon homogène sur toute la période avril – juin soit 90 jours [(pluie) = déficit / 90]
Déficits de précipitation des 3 premiers mois de l'année 2011 par rapport à la norme 1961-1990
Les faibles précipitations enregistrées depuis plusieurs mois ont pour conséquence que les niveaux d'eau sont parfois extrêmement bas, et ceci particulièrement dans le Jura et le Plateau.
En Valais, la situation est moins critique, même si les niveaux sont inférieurs à la moyenne. En effet, l'enneigement a été très faible durant l'hiver 2010-2011, et la fonte précoce du manteau neigeux ne permet plus une alimentation normale des cours d'eaux. En outre, les écoulements en Valais sont dépendent fortement des aménagements hydroélectriques : une partie de l'eau de fonte est stockée dans les barrages, tandis qu'une composante importante des niveaux mesurés provient des eaux turbinées par les usines électriques.
Les phénomènes météorologiques influent sur les ressources en eau (eaux superficielles et souterraines). La variabilité enregistrée d’une région à l’autre se répercute sur les niveaux des eaux souterraines et les débits des sources. L’ensemble des variations caractéristiques du niveau d'une nappe souterraine, en un lieu donné, et à toutes les échelles de temps définit le régime des eaux souterraines. Le régime d'une nappe est, dans ce sens, homologue du régime d'un cours d'eau, la variable considérée n'étant plus un flux (débit) mais un niveau (charge hydraulique) dont la hauteur est rapportée à une altitude de référence (J. Margat, 1997). Ce régime dépend de différents facteurs (topographie, occupation du sol, contexte hydro-géologique) dont le plus influent reste le climat.
Le régime de la nappe alluviale de plaine du Rhône est principalement de type nivo-glaciaire caractérisé par un maximum unique (hautes-eaux) en juin-juillet et un étiage (basses-eaux) apparaissant en hiver (février-mars). A la fonte du manteau neigeux fin avril-début mai succède progressivement la fonte glaciaire qui atteint son maximum en juin-juillet. Localement ce régime peut toutefois présenter des variantes en incluant une composante pluviale comme c’est le cas dans la région du Chablais ou en présentant une prédominance des composantes glaciaires ou nivales.
Comparaison interannuelle 2009-2011 :
Les niveaux observés sont bas mais restent dans l'ensemble relativement conforment aux moyennes saisonnières.
Fluctuations 2009-2011 du niveau de la nappe phréatique observées entre Brig et le Léman en comparaison des statisitiques pluriannuelles
Ci-après tableau donnant pour les différentes stations du réseau de télésurveillance de la nappe phréatique de la plaine du Rhône , les niveaux mensuels moyens observés sur la période janvier à avril en comparaison des valeurs 2009, 2010 et des moyennes pluriannuelles
Même si la tendance à des niveaux bas prédomine, l’évolution observée sur les 4 premiers mois de l’année n’est pas uniforme sur l’ensemble de l’aquifère du Rhône avec globalement :
Une situation normale voire légèrement supérieure à la normale en Haut-Valais (région Finges-Brig)
Une situation inférieure à la normale en Valais central et Bas-Valais
Bas-Valais : du fait d’une composante pluviale plus marquée, les niveaux de nappe bas observés sont probablement à mettre en rapport avec les déficits de précipitations enregistrés sur les 6 premiers mois de l’année hydrologique 2010-2011
Valais central et Haut-Valais : C’est la fonte du manteau neigeux (composante nivale) qui détermine la sortie de l’étiage. En conséquence, les tendances observées début 2011 sont sans doute à mettre en relation avec les conditions d’enneigement ayant prévalu de janvier à avril, à savoir :
Des hauteurs de neige fraîche ne représentant que 26% de la moyenne annuelle calculée depuis le début des observations (60 ans)
Un enneigement extrêmement déficitaire dès la mi-avril, correspondant à 50% de la moyenne annuelle au-dessus de 2000 m d’altitude et seulement 25% dans les régions de moyenne altitude
Une fonte prématurée et rapide, avec en de nombreuses stations, une disparition complète du manteau neigeux dès la mi-avril soit avec plus d’un mois d’avance sur la normale
En Valais central, l'effet combiné d'un faible enneigement et d'une fonte prématurée du manteau neigeux n'a pas permis de combler le déficit qui s'est creusé sur la première moitié de l'année hydrologique 2010-2011. En Haut-Valais, à la faveur d'un enneigement habituellement plus important, cette fonte précoce a permis de mieux soutenir l'étiage voire même localement de résorber le déficit affiché sur les mois de janvier-février grâce à une recharge de l'aquifère en avance de quelques semaines sur la normale.
The 8th edition of the Swiss Geoscience Meeting will focus on the contribution and the importance of climate in Earth's history as well as on the latest advances in research in geosciences. It will be held 19th to 20th November 2010 in Fribourg.
The Department of Geosciences of the University of Fribourg and the Platform Geosciences of the Swiss Academy of Sciences -SCNAT- cordially invite you to participate in the 8th Swiss Geosciences Meeting (SGM2010) to be held this year in Fribourg
On Friday 19th, keynote presentations will focus on this year's theme "Hot and Cold: Extreme Climates in Space and Time". The invited speakers are distinguished experts on past climates: Paul Hoffman from Harvard University and one of the fathers of the "snowball Earth" theory will start with a presentation on the Cryogenian Period. Closer to our times James Zachos from UC Santa Cruz will warm the audience with a presentation on the Paleocene–Eocene Thermal Maximum. Still closer to present climate, the third speaker Hubertus Fischer from the University of Berne will unravel the history of past climatic changes in polar regions during the late Quaternary. Practical aspects of extreme climates encountered by professional geoscientists will be addressed by the fourth speaker John M. Reynold from Reynolds International Ltd, who will discuss hazards associated with thawing Permafrost and glacial lake outburst floods from the Himalayas to the Andes.
New: On Friday morning, interested participants can attend a hands-on Workshop on «ToolMap – A tool for digital geological mapping»
On Saturday 20th, a series of scientific symposia will focus on diverse domains of geoscience research encompassing the hydrosphere, the lithosphere, the cryosphere, the biosphere and the atmosphere without neglecting to also address the anthroposphere and the noosphere.
The SGM wants to offer the ideal environment to also foster informal contacts and discussion between scientists: Such opportunities will occur at the Swiss Geoscience Party on Friday evening, or during the poster session on Saturday in the main hall of the congress centre. Special time slots will be allocated to two poster sessions, at which the authors will be present.
Exposition "Le sous-sol révélé. Des cartes géologiques : pour quoi faire?" (12.09-29.11)
Exposition "Le sous-sol révélé. Des cartes géologiques pour quoi faire?" (12 septembre - 29 novembre 2009))
Parce qu'elle décrit précisément la nature et la structure du sous-sol, la carte géologique constitue une vraie base de connaissances sur laquelle vont pouvoir s'appuyer les politiques d'aménagement du territoire, de gestions des ressources nouvelles ou existantes, de prévention des dangers naturels, de protection de l'environnement.
Grâce à une série posters didactiques, cette exposition vous invite à découvrir cet outil, de sa réalisation à son utilisation dans des domaines aussi variés que l'eau, l'énergie, les matières premières, les dangers naturels ou la recherche. Une animation en 3D permet au visiteur de pénétrer dans le sous-sol pour observer la géologie profonde.
Exposition de cartes géologiques du 12 septembre au 29 novembre 2009 au Musée des Sciences de la Terre à Martigny.
Jeudi, 19 mars 2009 - KKL Lucerne (centre des congrès et de la culture de Lucerne)
Matières premières et énergie
Après les grands succès rencontrés en 2002 et 2005 avec plus de 450 participants et environ 30 exposants, la troisième journée suisse du géologue aura lieu le 19 mars 2009. L’invitation est adressée à tous les professionnels des sciences de la terre, aux étudiants en géologie, minéralogie et géophysique ainsi qu’à toutes autres personnes et institutions importantes.
Les matières premières minérales et énergétiques influencent notre vie. Ce sont des matières qui se sont formées au cours de l’histoire de la terre sous l’effet de processus géologiques et qui ne se renouvellent de la même manière qu’au rythme des temps géologiques. Depuis toujours, la recherche et l’utilisation des matières premières ont présenté un aspect central de la profession des géologues. Aujourd’hui, les matières premières et formes d’énergie alternatives prennent une place de plus en plus importante au sein de la géologie. Les scénarios misant sur une utilisation responsable et une garantie de durée ont été intégrés depuis longtemps dans le quotidien de la profession.
Le salon professionnel organisé pour la troisième journée suisse du géologue ne cherchera pas seulement à mettre en lumière les aspects connus des géologues ayant trait aux matières premières. Grâce à la venue de deux éminents orateurs, elle mettra en effet l’accent sur des questions qui marqueront les esprits bien au-delà de la journée. Matthias Bichsel du groupe Royal Dutch/Shell présentera des perspectives concernant l’approvisionnement en énergie dans le futur et l’écrivain suisse Emil Zopfi décrira avec des mots géologiquement imposants le dilemme des géologues entre «voleur et sauver».
Le programme souple de la journée laisse suffisamment de temps pour approfondir ou créer de nouveaux contacts.
Programme
09.30
Ouverture des portes, café, thé, croissants
10.00
Ouverture des stands de l’exposition
11.00
Assemblée générale de CHGEOL, ouverte à tous
12.00
Repas de midi et visite aux différents stands
14.45
Dr. Matthias Bichsel
- «L’approvisionnement en énergie du futur»
15.45
Emil Zopfi
- «Voleur ou sauveur : le dilemme de la Géologi»
16.15
Représentation artistique. Apéro et clôture officielle de la manifestation