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Randa Version imprimable

L’éboulement de Randa représente, par le volume de roche qu’il a mobilisé (près de 30 millions de mètres cubes) un des éboulements les plus importants observés dans les Alpes récemment. Dès les premiers événements de 1991, la région a été mise sous surveillance. Le CREALP s'est attaché depuis plusieurs années à comprendre les causes de cet éboulement.

Récemment, un article a été publié sur la cinématique de l'éboulement de Randa : Sartori, M., Baillifard, F., Jaboyedoff, M. and Rouiller, J.-D. (2003) : Kinematics of the 1991 Randa rockslides (Valais, Switzerland). Natural Hazards and Earth System Sciences,3, 423 - 433. (pdf, 6430 Ko).  

L’éboulement

En 1991, un important éboulement a lieu sur le versant gauche de la vallée de Zermatt, au NW de la localité de Randa (plan de situation , 45 ko). Celui-ci s’est en fait déroulé en deux phases d'écroulement de 20 et 10 millions de mètres cubes : la première le 18 avril et la deuxième le 9 mai. A chaque fois, la vallée de Zermatt a été prise dans une épais nuage de poussière qui s'est ensuite déposée sur le sol formant un épais manteau poussiéreux.

L’éboulement du 18 avril a induit un séisme de magnitude 3 sur l’échelle de Richter. Il a recouvert la rivière Vispa, une partie d’un hameau de villégiature, innocupé au moment de l'événement, et la voie de chemin de fer Visp-Zermatt sur plusieurs centaines de mètres. Le 9 mai, c’est une couche de blocs plus importante qui a recouvert tout le hameau et une plus grande portion de la voie ferrée. Obstruée, la rivière Vispa a formé un lac qui a inondé une partie du village de Randa. L'ensemble des dommages s'est monté à environ 80 millions de francs suisses.

Géologie

La région de Randa appartient d’un point de vue tectonique à la nappe pennique de Siviez-Mischabel. La paroi de Grossgufer comprend à sa base les gneiss oeillés de Randa qui dérivent par déformation d’un granite massif d’âge permien. La partie supérieure du site est formée de paragneiss, plus schisteux et plus friables, d’âge protérozoïque, qui constituent l’encaissant du granite. Le contact entre ces deux lithologies est replissé régionalement, mais dans le secteur de Grossgufer il plonge vers le SW de 20 à 40° et n’est pas cause d’instabilité. Les fractures résultant de la tectonique alpine forment un réseau très dense dans les paragneiss. Elles sont plus espacées mais atteignent parfois une Persistance kilométrique dans les gneiss de Randa.

Surveillance

Dès le lendemain de la première phase d’éboulement un système d’observation a été installé. Il a permis de suivre précisément le développement de la deuxième phase d'écroulement. Encore fonctionnel aujourd'hui sous une forme plus élaborée, il est constitué d’un réseau géodésique couplé à toute une série de stations extensométriques. Un système d'alarme sismique (réseau de sismographe) avait été disposé entre les deux phases d'écroulement. Il n'a malheureusement pas fourni les résultats escomptés.