Parois rocheuses instables

Cartographie des dangers Gestion des risques naturels Surveillance des dangers

Inventaire des parois rocheuses instables (PrevRisk-CC)

Les instabilités des parois rocheuses figurent parmi les principaux dangers naturels en milieu alpin. Les écroulements rocheux peuvent menacer les populations, les infrastructures, les voies de communication et les activités touristiques. Ce risque est aujourd’hui renforcé par le changement climatique, notamment en raison de la dégradation du pergélisol qui contribue à la stabilité de nombreuses falaises de haute montagne.

Dans ce contexte, le CREALP a participé au projet « Prévention des risques et adaptation aux changements climatiques dans les territoires de l’Espace Mont-Blanc » (PrevRisk-CC), soutenu par le programme Interreg VI-A France–Italie. L’objectif du projet était de développer une méthodologie permettant d’identifier les parois rocheuses potentiellement instables et d’améliorer les connaissances sur les risques émergents liés à l’évolution du milieu alpin.

La partie suisse du projet s’est concentrée sur les communes d’Orsières, de Finhaut et de Trient. Les travaux ont consisté à adapter une méthodologie développée précédemment par geoformer igp AG et le WSL afin de détecter automatiquement les falaises susceptibles de présenter un risque d’instabilité. Cette approche repose sur l’analyse de modèles numériques de terrain et l’application de différents filtres géomorphologiques permettant d’identifier les secteurs rocheux les plus sensibles.

Les analyses réalisées ont permis d’identifier plusieurs centaines de parois rocheuses potentielles. Après l’application de critères complémentaires visant à cibler les secteurs les plus pertinents en milieu alpin, 278 falaises ont été retenues sur les trois communes étudiées. Le projet a également permis de développer et de tester une méthodologie d’évaluation intégrant différents facteurs tels que la topographie, la géologie, la présence potentielle de pergélisol et les enjeux exposés en aval.

Figure 1: Parois rocheuses identifiées lors de la phase exploratoire sur les communes d’Orsières, de Finhaut et de Trient. Source : Amaury Champion.

Cette phase exploratoire a toutefois mis en évidence plusieurs défis méthodologiques. La détection automatique des falaises reste fortement dépendante de paramètres tels que la pente, la résolution des modèles de terrain ou encore la géométrie des parois. Les résultats obtenus montrent qu’une validation par des experts et une partie manuelle demeure indispensable pour garantir une délimitation fiable des falaises et une estimation réaliste des volumes susceptibles de se mobiliser lors d’un écroulement.

Le principal résultat du projet réside ainsi dans l’évaluation de la faisabilité d’une approche automatisée à l’échelle territoriale. Les travaux ont permis d’identifier les forces et les limites des méthodes actuelles, de proposer plusieurs pistes d’amélioration et de constituer une base de données préliminaire des secteurs rocheux potentiellement instables. Ces enseignements contribueront au développement futur d’outils de surveillance et d’aide à la décision pour les communes de montagne confrontées aux effets du changement climatique.

Informations

Cheffe de projet :

SASKIA GINDRAUX

SASKIA GINDRAUX
Spécialiste en glaciologie et remote sensing



Durée du projet : 2024 – 2025
Porteurs du projet : Service des dangers naturels (SDANA), Service de l’économie, du tourisme et de l’innovation (SETI)