Glaciers instables

Gestion des risques naturels Modélisation de dangers naturels Surveillance des dangers

Identification des glaciers instables en Valais (PrevRisk-CC)

Le dérèglement climatique mondial se manifeste de multiples manières. Dans les Alpes, il se traduit notamment par le recul des glaciers, la dégradation du pergélisol alpin et l’augmentation des mouvements gravitaires. C’est dans ce contexte que le projet « Prévention des risques et adaptation aux changements climatiques dans les territoires de l’Espace Mont-Blanc », soutenu par le programme Interreg VI-A France–Italie, a été mis en place. L’un des thèmes retenus concerne l’émergence d’un nouveau risque d’instabilité glaciaire, potentiellement lié au réchauffement climatique. Des événements récents illustrent ce risque : en juillet 2022, par exemple, l’effondrement partiel du glacier de la Marmolada, dans les Dolomites, a provoqué une avalanche de glace de plus de 2km de long, causant la mort de 11 personnes et faisant 7 blessés. Dans ce cadre, le CREALP, en collaboration avec le Laboratoire d’hydraulique, d’hydrologie et de glaciologie (VAW, ETH Zurich), travaille à l’identification de glaciers en Valais susceptibles de présenter une instabilité comparable à celle observée à la Marmolada. Dans le cas du glacier italien, l’une des causes probables de l’effondrement serait la présence de glace froide (< 0 °C), imperméable, qui aurait empêché l’évacuation de l’eau de fonte, entraînant une augmentation de la pression hydraulique jusqu’à la rupture. L’identification de la transition entre la glace tempérée (0 °C, perméable) et la glace froide (< 0 °C, imperméable) constitue l’un des enjeux centraux du projet et fait l’objet d’un travail de thèse mené au VAW.

Glaciers suisses et emplacement des glaciers monitorés pour cette étude. Source : Janosh Beer.

Une première liste provisoire de glaciers potentiellement instables a été établie sur la base de leur taille. Les petits glaciers (≤ 0,05 km²) sont en effet les plus susceptibles de se refroidir en raison de la perte d’épaisseur de glace. Certains de ces sites ont été sélectionnés pour la réalisation de travaux de terrain, notamment l’installation de capteurs de température enfouis dans la glace. À l’issue du projet, le VAW fournira une évaluation des sites présentant un potentiel d’instabilité, tandis que le CREALP identifiera ceux susceptibles de représenter un risque pour les infrastructures et les populations valaisannes.

Travail de terrain sur le glacier de l’Alphubel en 2025.

Informations

Equipe de projet :

SASKIA GINDRAUX

SASKIA GINDRAUX
Spécialiste en glaciologie et remote sensing



Durée du projet : 2024 – 2026
Porteurs du projet : Service des dangers naturels (SDANA), Service de l’économie, du tourisme et de l’innovation (SETI)